mercredi 15 mai 2013

Entrevue exclusive avec le ministre fédéral : Maxime Bernier :


J’ai rencontré M. Bernier à son bureau du Centre-ville de Montréal.  Il a accepté de répondre à mes questions. 

Q : Après avoir travaillé dans le secteur privé, pourquoi avez-vous décidé de faire le saut en politique fédérale et devenir candidat pour le Parti conservateur du Canada dans le comté de Beauce?

R : J’ai toujours eu de l’intérêt pour  les politiques publiques et la politique en général. En 2005, j’ai rencontré M. Harper pour lui  suggérer d’insérer dans son programme, deux éléments qui sont importants pour moi : la diminution des impôts (car les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord) et le respect de la Constitution canadienne.  Le chef conservateur a inclus cela dans son programme, il m’a demandé d’être candidat sous la bannière conservatrice et j’ai accepté.  J’ai fait le saut en politique afin de défendre des valeurs qui sont à la base d’une société démocratique : la liberté et la responsabilité individuelle.  Aujourd’hui, je continue de prôner ces idéaux au sein du caucus conservateur et du gouvernement.  La réduction des taxes, des impôts et de la taille de l’État est une priorité pour moi.  Souvent, les politiciens et les bureaucrates prennent les citoyens pour des enfants irresponsables.  Mon engagement politique est de prendre les citoyens pour des personnes responsables.  Moi, je pense que c’est en faisant la promotion de la liberté individuelle que l’on va avoir une société plus prospère.  Je dois être dans le feu de l’action pour pouvoir changer la société et permettre une plus grande liberté aux Canadiens. 

Q : Après la victoire conservatrice du 23 janvier 2006,  vous avez accédé au Cabinet fédéral comme ministre de l’Industrie.  Quelle est votre plus grande réalisation lors de votre passage dans ce ministère à saveur économique?

R : Tout d’abord, je suis très fier d’avoir été ministre de l’Industrie.  Ma plus grande réalisation est la dérèglementation de la téléphonie locale.  Quand je suis arrivé au ministère de l’Industrie, j’ai établi mes priorités.  Mon premier objectif était la dérèglementation de la téléphonie locale.  C’était un dossier qui était directement lié à mes croyances politiques, c’est-à-dire la dérèglementation et le respect du libre marché.    J’ai livré une grosse bataille idéologique avec les fonctionnaires que j’ai remportée avec l’aide de mon équipe qui m’a grandement appuyé dans cette aventure.  Le professeur Shultz de l’Université McGill a dit que j’ai été le meilleur ministre de l’Industrie des trente dernières années à cause de cette réforme.  Celle-ci a permis d’avoir plus de compétition, des prix plus bas et de meilleurs services pour les consommateurs.  Je suis très fier de cela. 

Q : Plusieurs militants conservateurs vous voient comme l’ultime successeur de Stephen Harper.  Lorsque votre chef va quitter la vie politique, avez-vous l’ambition de lui succéder à la tête du Parti conservateur et de devenir un jour, premier ministre du Canada?

R : Actuellement,  je fais mon travail de député de Beauce et de ministre d’État à la petite entreprise et du Tourisme.  Je n’ai pas de plan pour le futur et mes priorités sont de bien représenter les Beaucerons à Ottawa et de défendre la voie du Québec à la table du Conseil des ministres.  Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve.  Je suis en politique pour défendre les principes de liberté et de responsabilité individuelle et je pense que les politiciens n’en parlent pas assez.  Je remercie les gens qui me voient dans une éventuelle course au leadership  mais je n’en suis pas là actuellement. 

Q : Pensez-vous que vous pourriez un jour changer d’idée concernant la chefferie du PCC si des députés conservateurs font  pression sur vous?

R : On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.  Je prendrai cette décision lorsque le temps arrivera.  Actuellement, je ne suis pas en train de me poser des questions par rapport à cela.  Notre chef est bien en selle et il nous a permis de remporter deux élections en étant que gouvernement minoritaire et une majorité au dernier scrutin.  Je travaille en toute collaboration avec M. Harper

Q : Depuis les élections de 2008, le gouvernement Harper est très impopulaire dans la Belle province.  Comment expliquez-vous les déboires de votre parti au Québec?

R : À partir de 2006, l’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a dépeint M. Harper comme étant un cowboy de l’Ouest qui n’était pas sensible aux préoccupations du Québec.  C’est faux et ce n’est pas la réalité.  Il y a une perception négative qui demeure par rapport à notre chef.  Je peux vous dire que M. Harper aime la Belle province et il commence toujours ses discours (même à l’étranger) en français.  Il sait que le Canada a été bâti en français et que Québec est la ville fondatrice du Canada.  On doit mieux communiquer nos politiques et être plus présent dans les médias.  Stephen Harper doit être plus présent dans la province pour contrer l’image négative qui est colportée par les partis d’opposition.  C’est un gros défi pour nous et on va travailler fort pour reconquérir le Québec. 

Q : Croyez-vous que les syndicats (et autre groupes progressistes) organisent des campagnes de dénigrement contre votre chef au Québec?

R : Effectivement, je pense que les syndicats font campagne contre nous lors des élections générales avec l’argent des cotisations syndicales provenant de leurs membres.  Regardons juste la dernière campagne électorale, les syndicats ont dépensé beaucoup d’argent pour défaire des candidats conservateurs.  C’est pour cela que l’on a déposé un projet de loi (qui va être en vigueur bientôt) qui va obliger les leaders syndicaux de divulguer leurs états financiers.    Il y a plusieurs syndiqués qui ne savent pas que leurs cotisations servent à faire de la politique.  Quand cela va être public, les travailleurs vont avoir la chance de poser des questions à leurs leaders syndicaux et ceux-ci vont devoir être plus transparents. 

Q : Depuis la récession économique de 2008, le ministre des Finances a déposé des budgets déficitaires.  Certains conservateurs dénoncent le fait que vous avez augmenté la dette publique fédérale depuis votre arrivée au pouvoir.  Est-ce que vous allez être en mesure de revenir à l’équilibre budgétaire comme promis en 2015?

R : Oui, c’est une volonté très importante pour notre gouvernement de revenir à l’équilibre budgétaire en 2015 afin de pouvoir baisser les taxes et les impôts des Canadiens.  Lorsqu’on est arrivé au pouvoir en 2006, on a eu deux années de surplus budgétaire.  Notre gouvernement a dû dépenser beaucoup d’argent pour faire face à la crise financière mondiale qui a frappé le pays en 2008.  On a relancé l’économie avec des dépenses publiques mais cela a créé un déficit et nous en sommes responsables.    Il faut revenir à l’équilibre budgétaire le plus rapidement possible parce qu’il faut redonner l’argent aux citoyens car ce sont eux qui créent de la richesse.  Notre gouvernement va éliminer le déficit en s’attaquant à la colonne des dépenses. 

Q : Adrien Pouliot est le chef du Parti conservateur du Québec.  Est-ce que votre parti pourrait créer des alliances électorales avec le PCQ afin de vous aider mutuellement?

R : Notre gouvernement ne se mêle pas de politique provinciale.  On respecte la Constitution canadienne et ses juridictions.  Notre parti ne va pas donner de directives à ses membres et supporteurs d’appuyer un parti en particulier.  Moi, je vais rester neutre  même si le programme des conservateurs québécois est très près des idées que je prône.  










vendredi 26 avril 2013

Entrevue exclusive avec le chef du Parti conservateur du Québec : Adrien Pouliot :


Je me suis entretenu avec le chef du PCQ Adrien Pouliot dans un restaurant à Laval.  Il a accepté de répondre à mes questions. 

Q : Avant de vous impliquer en politique active, vous avez travaillé dans le secteur privé.  Comme homme d’affaires, vous avez été président  de plusieurs corporations de télécommunications et de télédiffusion.  Quel est votre plus grand succès dans le secteur privé? 

R : Quand j’ai acheté Entourage Solution Technologique du Fonds de solidarité de la FTQ, l’entreprise ne faisait pas d’argent.   En l’espace de 5 ans, avec les mêmes employés, la même convention collective et le même syndicat, on a augmenté la productivité et la qualité de 40% en établissant des objectifs clairs, en donnant un bon service au client et en mettant l’emphase sur la formation des travailleurs.   C’était vraiment un beau succès, j’étais fier de cela. 

Q : En 2011, l’ADQ de Gérard Deltell vous a recruté afin d’assumer la  vice-présidence de la commission politique.  Pourquoi, avez-vous décidé de vous joindre à l’ADQ?

R : Au départ, j’étais intéressé à travailler avec le mouvement de Legault.  J’ai rencontré François Legault chez lui à Outremont.  Après quatre heures de discussion, j’ai conclu que M. Legault était un autre étatiste et qu’il pensait que l’État avait réponse à tout.  Pour Legault, c’était la gauche efficace et moi, je ne crois pas à cela car l’État est tellement gros qu’il ne peut pas être efficace.  Donc, j’ai joint l’ADQ qui était plus proche de mes valeurs.  En mars 2011, je me suis embarqué à la Commission politique avec mon ami Claude Garcia. 

Q : À la fin de 2011, l’ADQ a fusionné avec la CAQ de François Legault.  Vous étiez contre cette fusion.  Pourquoi?

R : Au Québec, je pense qu’il faut changer la recette et non le chef.  Pour moi, M. Legault prône les mêmes solutions libéralo-péquistes que l’on entend depuis 20 ans et qui nous ont menés à la situation actuelle.  J’ai essayé de démontrer aux membres de l’ADQ que c’était une chimère ce projet de fusion.  Je leur disais que  la CAQ était une balloune qui allait se dégonfler et que ses politiques publiques n’étaient pas bonnes.  Les fusionnistes ont gagné la bataille avec 70% des voix et j’ai dû réfléchir à mon avenir. 

Q : À l’automne dernier, vous avez décidé de soumettre votre candidature à la chefferie du Parti conservateur du Québec.  Étiez-vous intéressé à la chefferie du PLQ?

R : La réponse est oui mais à cause du système de votation par délégués, un outsider comme moi n’avait aucune chance de gagner la course.  Donc, j’ai rédigé un document sur les valeurs du PLQ que j’ai envoyé aux trois candidats.   Je voulais les convaincre qu’il y avait moyen d’avoir un PLQ qui croit en ses valeurs et qui est de centre-droit.  Malheureusement, les libéraux, ce sont des gens opportunistes qui veulent être réélus et ils sont habitués au pouvoir.  Ils ne prendront pas des politiques publiques qui sont difficiles à suivre mais qui sont les bonnes.  Ils vont choisir des politiques publiques qui plaisent au monde et avec lesquelles, ils vont se faire élire.  Donc, je me suis tourné vers le PCQ car c’est un parti politique qui prône les mêmes idéaux que moi.  Je suis devenu le chef quand Daniel Brisson s’est désisté. 

Q : À cause du statut minoritaire du gouvernement, vous devez vous préparer en tout temps pour un scrutin général.  Quels sont les objectifs que vous voulez atteindre pour votre parti aux prochaines élections?

R : On veut donner une voie à l’Assemblée nationale aux gens qui pensent comme nous.  J’aimerais me faire élire.  Je vais me présenter dans la région de Québec ou en Beauce.   Je désire avoir d’autres députés avec moi pour lancer les bases du parti comme Mario Dumont l’a fait avec l’ADQ.  Je pense qu’une présence à l’Assemblée nationale peut avoir un impact. Québec solidaire tire le PQ vers la gauche.  Mon objectif serait de tirer le PLQ et la CAQ vers la droite pour faire avancer la cause des droits et libertés individuels et leur corollaire, la responsabilité individuelle.  
Q : Où allez-vous situer le PCQ sur l’axe idéologique, clairement à droite ou au centre-droit comme la défunte ADQ?

R : Je suis en faveur des droits et libertés individuels et leur corollaire, la responsabilité individuelle.   Ces concepts sont liés au conservatisme fiscal.  Donc, je suis un conservateur fiscal.  Sur le plan social, je suis comme un démocrate américain.  Je suis en faveur du libre choix des femmes en matière d’avortement et je ne m’oppose pas au mariage entre conjoints de même sexe.   Je suis à droite mais sur le plan économique.  On veut se positionner comme un parti qui est à droite du centre du spectre politique québécois.   

Q : Allez-vous construire des liens étroits avec le Parti conservateur du Canada?
 
R : Il n’y a pas de liens formels entre nous et le PCC.  Je pense que selon sa constitution, le Parti conservateur fédéral est supposé aider tous les partis conservateurs provinciaux.  Cela est possible qu’il y ait des atomes crochus sur certaines idées.  C’est sûr que l’on pourrait s’aider mutuellement sur le terrain lors de scrutins provinciaux et fédéraux.  Par contre, nous ne sommes pas d’accord avec le fédéral sur certains dossiers comme l’absence de budgets équilibrés depuis 2006. 
  
Q : Si vous étiez premier ministre du Québec, quelles seraient vos  priorités?

R : Au niveau de la santé, on veut introduire plus de privé.  On permettrait aux gens de prendre une assurance privée pour des actes médicaux qui sont couverts par la RAMQ.  Les médecins pourraient pratiquer dans le privé et dans le public.  On réformerait la rémunération des hôpitaux.  On les financerait par épisodes de soins et non pas par blocs fixes comme ils le sont actuellement. 

En éducation, on veut augmenter la liberté de choix des parents.  On veut le faire en permettant  aux parents de contrôler l’argent.  Plutôt que le Ministère finance les Commissions scolaires qui financent les écoles, on voudrait que le ministère finance les parents qui pourraient magasiner leur école avec des bons d’éducation.  Cela créerait de la concurrence entre les écoles et cela serait bon pour les parents et les élèves.  On donnerait plus d’autorité aux directeurs d’écoles et aux professeurs dans le choix des méthodes d’enseignement.  Évidemment, le Ministère établirait des standards minimums mais les écoles seraient plus autonomes. 

Au niveau du code du travail, on veut redonner le contrôle des syndicats aux syndiqués.  La transparence financière des syndicats serait primordiale.   On veut que les travailleurs aient plus de choix quand vient le temps de se syndiquer.  On est en faveur du droit d’association et mais aussi du droit de non association.  On veut donner le contrôle aux syndiqués sur la façon dont leurs cotisations sont dépensées par leur syndicat.  Une réforme du code du travail est nécessaire afin de rendre le marché du travail plus concurrentiel et flexible ».  Je ne suis pas anti-syndicat mais un pro syndiqué.
  
Q : Cela fait sept mois que le Parti québécois est au pouvoir.  Quel bilan faites-vous de ce gouvernement?

R : Je suis bien déçu car je m’attendais à ce que des gens qui ont  été longtemps au pouvoir (incluant Mme Marois) auraient formé une équipe plus solide.  En début de mandat, il y a eu beaucoup de recul de la part du gouvernement et cela a fait un tort énorme à la province.  Il y a beaucoup d’entreprises étrangères qui sont au neutre et qui ne parlent plus du Québec car on ne sait pas où s’en va le gouvernement dans sa législation sur les Ressources naturelles.   C’est le gouvernement des moratoires et du consensus. 

Q : Que pensez-vous de la politique linguistique (la Loi 14) du gouvernement du Parti québécois?

R : Je pense que le Bill 14 est une solution qui cherche un problème.  Il y avait une paix linguistique au Québec, les anglophones avaient accepté la loi 101.  Le PQ veut enlever des droits à la communauté anglophone, cela est de la pure mesquinerie.   Moi, je suis pour un Québec français mais des Québécois bilingues.  Je trouve désastreux l’approche gouvernementale qui veut construire une cloche de verre sur le petit village gaulois québécois et empêcher les francophones d’avoir accès aux écoles anglophones.  C’est ce que prévoit le Bill 14.  Le fait que les cégeps anglophones devraient donner la priorité aux élèves anglophones, c’est une forme de ségrégation.  La seule façon de protéger notre langue et notre culture, c’est d’avoir une économie forte et exportatrice.   Avec cette loi, le PQ veut brasser de la haine et diviser les Québécois.  Je trouve tout cela très malsain.

Q : La réforme de l'assurance emploi du gouvernement Harper est très contestée dans les régions du Québec et de l'Atlantique (le travail saisonnier).  Tous les partis politiques présents à l'Assemblée nationale l’ont unanimement dénoncée. Que pensez-vous de la réforme conservatrice?

R : Tout d’abord, c’est une compétence fédérale et cela ne regarde pas vraiment le gouvernement provincial.  Je pense qu’au niveau du principe, c’est une bonne réforme.  Son objectif est de faire un «matching» entre les gens compétents qui n’ont pas de travail et les postes disponibles.  On veut aider les gens à se trouver un emploi.  Avec cette réforme, on dit aux chômeurs de façon plus claire, qu’est-ce qui est un emploi acceptable et une recherche d’emploi acceptable.  On n’oblige pas quelqu’un de prendre une job qui est moins rémunératrice que l’assurance-emploi.  Dans une région, s’il n’y a pas d’emplois disponibles, le chômeur va continuer de recevoir son chèque.  L’assurance-emploi ne doit pas devenir un mode de vie mais une assurance pour quelqu’un qui perd son travail.  Je trouve qu’il y a une campagne de désinformation (par certains médias biaisés, les syndicats et partis politiques) contre le gouvernement conservateur dans ce dossier et je trouve cela malhonnête.

Q : Lors de son premier Conseil national, la CAQ a présenté sa pièce maîtresse en vue de la prochaine campagne électorale : le développement économique de la Vallée du St-Laurent.  Partagez-vous l’enthousiasme de ceux qui croit que cela pourrait être un projet porteur et rassembleur pour la Belle province?

R : Non, pas du tout.  Les politiciens aiment se bâtir des monuments avec l’argent des autres (le Plan Nord de M. Charest, la Baie-James de M. Bourassa et le Plan Sud de M. Legault).  Quand ils prennent notre argent pour bâtir leurs rêves, on ne peut pas bâtir les nôtres car il n’y a plus d’argent.  M. Legault veut réaliser son rêve avec notre argent.  Moi, mon rêve est que tout le monde puisse réaliser les siens.  Je veux que les gens individuellement réalisent leurs rêves.  Le plan Sud va seulement augmenter nos impôts et c’est du pur gaspillage. 

Q : Selon les détracteurs du modèle québécois, la social-démocratie québécoise va mener le Québec à la catastrophe économique : une dette publique monstrueuse, un État obèse, tentaculaire et inefficace, une croissance économique anémique, l’explosion des coûts du système de santé public,  etc.  Croyez-vous que la province a encore le temps de renverser la vapeur et assurer un avenir moins sombre pour les futures générations?

R : Oui, j’en suis convaincu.  Il y a de l’espoir mais  j’espère que cela ne prendra pas une catastrophe à la sauce grecque pour qu’un virage soit fait.  Au Québec, on aurait besoin de politiciens courageux pour expliquer clairement (avec un langage simple) les principes de l’économie de marché et pourquoi il faut réduire la taille de l’État afin de rendre l’économie québécoise plus prospère.  Au Québec, il nous faudrait des politiciens avec une boussole idéologique claire et qui savent où ils s’en vont comme l’ont été Margaret Thatcher et Mike Harris. 











vendredi 22 mars 2013

Le 8e budget Flaherty


Jim Flaherty a présenté son huitième budget à la Chambre des communes.  Contrairement à l’an dernier, on n’a pas eu droit à un exercice d’austérité.  Le gouvernement conservateur a décidé de ne pas faire des coupes draconiennes dans la fonction publique fédérale.  L’agence du Revenu et Pêcheries et Océans devront faire des efforts pour réduire leurs dépenses mais les autres ministères sont épargnés. Le gouvernement fédéral a mis en place une nouvelle politique en matière de formation de la main-d’œuvre qui est nécessaire afin de favoriser la création d’emplois au pays.  Il va éliminer graduellement le crédit d’impôt accordé au Fond de solidarité de la FTQ et celui de la CSN.  Cette mesure déplait énormément aux syndicats québécois.  Est-ce que l’ensemble des Canadiens doit financer ce genre de crédit d’impôt?  En tout cas, la question se pose.  Le déficit fédéral s’élève à 18 milliards de dollars et les conservateurs gardent le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire en 2015.  La base conservatrice du PCC aurait voulu un budget d’austérité et elle va être très critique envers son parti.    Le budget conservateur est un bon équilibre entre austérité et création d'emplois. Le gouvernement Harper aurait pu couper plus dans ses dépenses. Mais, un budget trop à droite aurait déplu à son électorat modéré. Stephen Harper a décidé de continuer de gouverner au centre-droit afin de garder l'appui des Red tories de l'Ontario. Ce qui est essentiel à l’obtention d’une autre majorité conservatrice en 2015. 


Sans surprise, le gouvernement québécois a virulemment dénoncé les mesures budgétaires du ministre Flaherty.  Il y en a deux qui suscitent le mécontentent du gouvernement Marois : la nouvelle politique de la formation de la main-d’œuvre et l’abolition du crédit d’impôt aux fonds de la FTQ et de la CSN.  Pauline Marois dénonce cet empiétement dans un champ de compétence provincial et elle ne veut pas se faire imposer ce changement par le fédéral  Les trois principales formations politiques (le PQ, le PLQ et la CAQ) sont contre l’élimination du crédit d’impôt fédéral au Fond de solidarité de la FTQ et de la CSN.  Cela ne surprendra personne car ceux-ci prônent et défendent un interventionnisme étatique.  C’est une autre preuve que la CAQ de M. Legault n’est pas un parti de droite mais bien de centre-gauche.  Encore une fois, on a eu droit à la diabolisation du Fédéral de la part de Québec.  C’est vraiment business as usual. 


Le gouvernement Harper a présenté un budget modéré où il y a un équilibre entre des coupures de dépenses et des politiques de  stimulation économique.  Cet exercice financier va permettre aux conservateurs de maintenir leur appui auprès des Red Tories de l’Ontario.  Sur le plan politique, c’est un bon budget.  La bonne nouvelle est le fait que le gouvernement fédéral maintient le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire en 2015.  Cela doit demeurer LA PRIORITÉ du gouvernement conservateur pour le reste de son mandat majoritaire. 






jeudi 21 mars 2013

Philippe Couillard le nouveau chef du PLQ : une grosse erreur


Le 4 septembre dernier, les libéraux ont été chassés du pouvoir après neuf années de règne.  Jean Charest quitta la vie politique après neuf ans comme premier ministre et quatorze comme chef du PLQ.  Donc, pour la première fois depuis 1983, le parti fédéraliste a déclenché une course à la chefferie. 

Pendant six mois, trois candidats de qualité se sont affrontés afin de succéder à l’ancien député de Sherbrooke.  Cet exercice démocratique s’est déroulé dans l’indifférence totale de la population.  Les trois aspirants n’ont pas proposé des idées réformistes qui auraient pu soulever les passions.  On s’en est tenu qu’à des principes généraux comme le rapprochement entre l’establishment et la base militante.  Cette formation politique centenaire aurait eu besoin d’une véritable remise en question et un débat d’idées mais cela  n’a pas eu lieu.  Les seules étincelles sont venues du clan Bachand.  L’ancien ministre des Finances a attaqué Philippe Couillard sur ses liens d’amitié avec Arthur Porter et de son manque de loyauté envers l’ancien chef. 

Ces éléments n’ont pas empêché l’ancien ministre de la santé de remporter une victoire éclatante dès le premier tour avec 58% des voix.  Le candidat de l’establishment du parti a terminé loin derrière avec 19%.  Les militants n’ont pas dû apprécier les attaques du clan Bachand envers M. Couillard.  La famille libérale est unie et elle n’aime pas les chicanes.  Cela peut  expliquer la déconfiture du député d’Outremont.  Donc, Philippe Couillard est le nouveau chef du PLQ.  Est-ce que le Parti libéral a fait le bon choix?

Les militants libéraux ont choisi le Docteur Couillard car c’est le seul qui (selon les derniers sondages) peut les ramener rapidement au pouvoir.  Je crois fermement que le PLQ a fait une erreur en élisant M. Couillard à la tête de leur parti.   

Depuis la nuit des temps, la marque de commerce des libéraux provinciaux a toujours été l’économie.  Rappelons nous la promesse de création de  100 000 emplois  de Robert Bourassa lors du scrutin de 1973.  L’économie a été la priorité de Jean Charest lors de son règne de neuf ans à la tête du Québec.  Dans cette course, Raymond Bachand était le candidat de l’économie.  Son passé dans le secteur privé (Métro Richelieu) et à la présidence du Fond de solidarité de la FTQ prouve bien l’expertise du député de Outremont en la matière.  Malgré tout, le candidat de l’économie a terminé dernier.  Philippe Couillard n’a aucune expertise en matière économique.  C’est un médecin de formation qui a été très vague sur sa pensée économique lors de la course à la succession de Jean Charest.  Cela ne semble pas être la priorité du chef libéral.  Lors de sa première intervention comme chef, il a clairement affirmé son désir que le Québec signe la Constitution canadienne en 2017 (le 150e anniversaire de la Confédération canadienne).  Est-ce que le dossier constitutionnel est la priorité de Philippe Couillard?  Si c’est le cas, il est à des années lumières des préoccupations du Québécois moyen.  Les Québécois ne veulent pas entendre parler de constitution.  Est-ce que le PLQ a choisi un chef qui est déconnecté de la réalité québécoise?  Force est de constater que c’est bien le cas.  

Raymond Bachand est un politicien de centre-gauche qui croit que l’État a un rôle à jouer sur le plan économique.  Je n’adhère pas aux valeurs et idéaux du député d’Outremont mais l’ensemble de la classe politique préconise cela (à l’exception des conservateurs d’Adrien Pouliot).    M. Bachand était le meilleur candidat à cause de son expérience passé aux Finances et de ses compétences économiques.  La priorité de celui-ci a toujours été la croissance économique de la Belle province.  Sous sa gouverne, le PLQ aurait continué d’être le parti de l’économie.  En choisissant Philippe Couillard, le PLQ risque de laisser tout le champ libre à la CAQ de François Legault. 

Le nouveau leader libéral ne connaît pas l’économie et il ne semble pas avoir une philosophie en la matière.  Les militants du PLQ l’on choisi car selon les sondages, il est le seul qui pourra les ramener rapidement au pouvoir.  Les libéraux ont fait une grosse erreur en l’élisant et son désir de rouvrir le débat constitutionnel le prouve bien.  En faisant cela, il risque de faire fuir les électeurs qui en ont marre de ce débat stérile (vers la CAQ).  Avec M. Bachand comme chef, le PLQ aurait continué d’être le parti de l’économie et il aurait été en mesure de ramener les libéraux déçus qui ont voté pour la CAQ le 4 septembre dernier.  Pour conclure, certains disent que Raymond Bachand n’est pas charismatique.  Je vais leur répondre en affirmant ceci : je préfère un homme politique expérimenté et compétent qu’un politicien charismatique sans substance et contenu. 



jeudi 28 février 2013

Adrien Pouliot est le nouveau chef du Parti conservateur du Québec :


Il y a une nouvelle importante qui est passée sous le radar médiatique : le couronnement d’Adrien Pouliot comme chef du Parti conservateur du Québec.  Qui est Adrien Pouliot?  Pourra-t-il donner un second souffle au mouvement conservateur québécois?

Le nouveau leader conservateur est un grand homme d’affaire qui a réussi partout où il est passé.  M. Pouliot est un avocat de formation et il a fait ses études à l’Université de Sherbrooke.  Il a commencé à pratiquer le droit en 1979.  Il a travaillé au Cabinet d’avocats Ogilvy Renault en droit commercial et corporatif.  En 1984, il devint adjoint au président de l’entreprise familiale de télécommunication et de télédistribution : CF-CF-12.  Il gravit les échelons de l’entreprise et il devint président et chef de la direction.  Il a piloté une restructuration qui fut un succès pour la corporation.  Sous sa gouverne, elle est devenue la quatrième entreprise de télécommunication et de télédistribution au Canada.  En 1996, celle-ci fut vendue à Vidéotron pour la somme de 687 millions de dollars.  Par la suite, l’homme d’affaire a acheté une compagnie qui était spécialisée dans l’entretien et l’installation de réseaux informatiques et de télécommunications : Entourage Solutions Technologiques Inc.  Elle a vue ses revenus et sa productivité  augmenter de façon importante grâce au leadership de son propriétaire.  En 2005, celui-ci a vendu l’entreprise à Bell. 

Après un retentissant succès dans le monde des affaires, Adrien Pouliot décida de s’impliquer dans la politique active et il adhéra à l’ADQ de Gérard Deltell.  En 2011, il a occupé la fonction de vice-président de la Commission politique de l’ADQ.  Déçu de la fusion de celle-ci avec la CAQ (il trouve qu’elle est une formation politique de gauche efficace), il quitta son poste.  En 2012, M. Pouliot voulait s’impliquer dans une formation politique existante.  Après le départ de Jean Charest, il a voulu participer à la course à la chefferie libérale.  Mais, il s’est bien rendu compte que le PLQ voulait rester un parti de centre gauche.  Donc, il a posé sa candidature pour la course à la chefferie du jeune Parti conservateur du Québec.  Après le désistement de l’autre candidat, Adrien Pouliot devint le nouveau chef des conservateurs québécois. 

Le chef conservateur est un homme politique de droite qui adhère aux idéaux et valeurs du libéralisme classique : le respect de la liberté et responsabilité individuelle, moins d’intervention de l’État dans la vie des citoyens, et le libre-marché.  Cette philosophie politique n’est pas représentée à la Chambre basse.  Les conservateurs québécois sont des orphelins politiques depuis la disparition de l’ADQ.  La CAQ a abandonné les anciens électeurs de Mario Dumont.  C’est une occasion en or pour le chef conservateur de les rallier sous la bannière du PCQ.  À cours terme, le Parti conservateur  doit  se sortir de la marginalité et devenir un véhicule politique crédible et solide.  Je crois que l’ancien président de CF-CF-12 est l’homme de la situation pour ce jeune parti.  Aux prochaines élections, Adrien Pouliot doit se faire élire à l’Assemblée nationale afin de donner une voie aux électeurs de droite.  L’obtention de 5% des voix serait un bon début pour ce nouveau parti politique. 

En démocratie, il faut que tous les camps idéologiques soient représentés au Parlement.  Ce n’est pas le cas actuellement au Québec. La gauche radicale est représentée par Québec solidaire, la gauche indépendantiste par Option nationale, la gauche par le PQ, le centre-gauche par le PLQ et le centre par la CAQ. Le Parti conservateur du Québec a sa place sur l'échiquier politique québécois. La droite doit aussi être représentée au Parlement. Lors du prochain scrutin, tous les électeurs pourront faire un choix éclairé.  La présence d’Adrien Pouliot à l’Assemblée nationale serait une bonne chose pour la politique québécoise.

mardi 26 février 2013

Le commentaire de Réjean Breton sur le Sommet de l'Enseignement supérieure :

Dans les prochains jours, , je vais écrire un papier sur le Sommet sur l'enseignement supérieure qui a eu lieu cette semaine.  En attendant, voici les impressions de Réjean Breton sur cet événement.  Ses commentaires sont toujours pertinents : http://quebec.radiox.com/article/breton_le_sommet_de_linsignifiance.

mercredi 30 janvier 2013

L’avenir du PLQ: un virage vers la droite et une politique de tolérance zéro contre la corruption :


Depuis quelques semaines, les trois principaux candidats à la chefferie du PLQ s’affrontent afin de succéder à Jean Charest.  Les Québécois ne semblent pas être intéressés par cet exercice démocratique.  Force est de constater que c’est la même chose pour les  militants libéraux.  Les débats entre Pierre Moreau, Philippe Couillard et Raymond Bachand n’ont pas attirés un nombre respectable de partisans libéraux.   

Comment peut-on expliquer le manque d’intérêt des militants et de la population envers la course à la chefferie de ce parti centenaire?  Les neuf années de pouvoir de Jean Charest ne sont pas étranges à ce phénomène.  Le régime Charest a été caractérisé par un glissement à gauche et par les soupçons de corruption qui ont entaché le parti de Robert Bourassa.

 Avant les élections de 2003, le PLQ de Jean Charest a fait un virage clairement à droite sur le spectre politique québécois.  Les troupes de Jean Charest promettaient de faire le ménage dans le sacro-saint modèle québécois par l’entremise de la fameuse réingénierie de l’État.  Le 14 avril 2003, la population québécoise a donné un mandat majoritaire fort à Jean Charest pour qu’il puisse mettre en place sa réforme de l’État : la réduction de la taille du gouvernement.  Au début du mandat, le gouvernement libéral avait clairement affirmé qu’il voulait apporter de profonds changements à la social-démocratie québécoise.  Les forces du statu quo (les syndicats, groupes communautaires, les écologistes, etc.) ont manifesté leur mécontentement envers les intentions libérales de s’attaquer à leurs droits acquis.  L’ancien premier ministre n’a pas eu le courage de se tenir debout contre la gauche et il a reculé.  Durant le reste de son règne, le gouvernement Charest a été un défenseur du modèle québécois.  Il a gouverné au centre-gauche au grand dam de l’électorat conservateur.  De 2003 à 2012, le PLQ a dirigé le Québec de la même façon que le Parti québécois : au centre-gauche.    Pour plusieurs québécois, le PLQ et le PQ, c’est du pareil au même.  Le Parti libéral a été déserté par les électeurs de centre-droit qui ne se reconnaissent pas dans le PLQ d’aujourd’hui.  Cela peut en partie expliquer le déclin de l’appui francophone pour ce parti centenaire. 

Durant le dernier mandat libéral (2008 à 2012), des odeurs de corruption ont empoisonné la vie du gouvernement Charest.  Tout  d’abord, il y a eu l’affaire Tomassi.  L’ancien ministre de la Famille est accusé d’avoir utilisé une carte de crédit d’une entreprise de sécurité lors de son règne et il a dû démissionner du caucus libéral à cause de cela.  Ensuite, le Vérificateur Général du Québec a dénoncé dans un de ses rapports, l’attribution de places en garderie à des propriétaires de CPE qui ont généreusement financé le Parti libéral.  Cet état de fait sent le favoritisme à plein nez.  Subséquemment, le refus de Jean Charest de déclencher une Commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction a fait très mal à l’image du PLQ.  Pendant deux ans, l’ancien PM a refusé de faire ce qu’une majorité de Québécois lui demandait.  On avait l’impression que le gouvernement avait quelque chose à cacher.  M. Charest a finalement accepté de mettre en place une telle enquête mais le mal était déjà fait.  Durant le reste de son mandat, le PLQ a été associé à la corruption et au favoritisme et cela a contribué à sa défaire le 4 septembre 2012. 

Depuis le début de la course, il n’y a pas vraiment de débats de fond entre les candidats.  Ceux-ci ne proposent rien de nouveau.  Si le Parti libéral du Québec veut renaître de ses cendres dans le Québec francophone, il doit faire deux choses : se déplacer vers le centre-droit et prôner une politique de tolérance zéro contre la corruption. 
 
Premièrement, le Parti libéral du Québec doit arrêter de prôner des politiques progressistes comme son adversaire péquiste.  Il doit  se démarquer du PQ et proposer des idées plus conservatrices et réformatrices afin d’aller chercher l’appui des francophones qui ont jadis appuyé l’ADQ de Mario Dumont.  Les libéraux provinciaux doivent séduire l’électorat conservateur afin d’élargir sa cliente électorale.  Donc, un virage vers le centre-droit est nécessaire pour permettre au PLQ de redevenir compétitif  dans l’électorat francophone. 

Deuxièmement, le parti naturel de gouvernement doit préconiser une politique de tolérance zéro envers la corruption  afin de casser cette image de parti corrompu qui lui colle à la peau depuis plusieurs années. 

Sur le plan de l’éthique, les trois aspirants veulent tous combattre la corruption et permettre à leur parti de se refaire une virginité en la matière.  Sur le plan idéologique, cela va être plus compliqué.  Les trois aspirants chefs se situent au centre-gauche du spectre politique.  Le virage vers le centre-droit semble être très improbable mais cela est essentiel pour la survie du parti dans le vote francophone.  Je crois que la présence d’un conservateur dans la course (Adrien Pouliot) aurait permis au PLQ de faire un vrai débat gauche-droite.  Mais, cela ne se produira pas et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’avenir du grand Parti libéral du Québec.